La vie de Folies Douces

L’Origami

L’origami est né en Chine au VIème siècle mais c’est par son nom japonais (“ori”, plié et “gami”, papier) que cet art sera ensuite connu à travers le monde. L’origami est donc l’art du pliage du papier qui, traditionnellement, ne comporte aucun découpage ni collage, contrairement au kirigami (“kiri”, découpé et “gami”, papier). L’origami et le kirigami sont deux facettes du chiyogami (“papier de 10 000 ans”), ou art du papier, qui fut pratiqué au Japon dès le VIIème siècle après l’introduction du papier par les moines bouddhistes. Les techniques de fabrication du papier évoluèrent ensuite pour produire le “washi”, qui est plus fin et plus résistant à l’eau que celui initialement important. A ce jour le papier washi reste le papier de référence pour pratiquer l’origami.

Si l’origami fut tout d’abord pratiqué parmi les instances religieuses (bouddhiste et shintō, religion autochtone du Japon), cet art devint rapidement populaire car il s’ancrait dans une tradition du pliage déjà présente au Japon: celui du kimono (vêtement traditionnel), que l’on préférait plier plutôt que suspendre. De la même façon, tout cadeau était soigneusement plié dans son emballage de tissus ou de papier. Cette tradition perdure aujourd’hui, connue sous le nom de tsutsumi. A la fin du XVII ème siècle on peut considérer que l’origami est une part importante de l’identité culturelle japonaise: la production massive de papier rend celui-ci accessible à tous et ainsi la pratique de l’origami. On vit même apparaître sur les kimono des motifs de grues ou de bateaux pliés.

Les premiers manuels japonais d’origami datent de 1797, de l’artiste Akisato Rito. Akisato Rito est également à l’origine de la légende des mille grues (“senbazuru”). On croyait que les grues étaient des messagères divines qui vivaient 1000 ans et elles sont devenues un symbole de longévité de bon augure. Ainsi, celui qui réussit à plier 1000 grues en papier voit son voeu le plus cher exaucé. Cette légende refit surface à la fin de la seconde guerre mondiale quand une fillette, Sadako Sasaki, victime de leucémie suite au bombardement de Hiroshima, entreprit de plier 1000 grues en symbole de paix.

C’est par le biais de Friedrich Frodel, psychologue pour enfants allemand, que l’origami sera introduit en Europe au début des années 1800 avec la création d’écoles maternelles où l’origami sera utilisé comme moyen d’apprentissage. Mais c’est grâce au maître Akira Yoshizawa que l’origami prendra un nouvel essor mondial dans les années 1950. En effet, aujourd’hui encore la plupart des diagrammes, fléchages et symboles expliquant l’exécution des modèles origami, sont issus du système élaboré par Yoshizawa. Cela n’empêche pas la création constante de nouveaux modèles et de nouvelles techniques telles que l’origami modulaire (assemblage de plusieurs pliages) ou le “pliage humide”.

Ainsi, l’origami évolue sans cesse et s’adapte à toutes et à tous.